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L’engouement pour le “true crime”

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Avez-vous vu Searching ? Sorti en 2018, ce film relate l’histoire d’un père de famille qui élucide le mystère de la disparition de sa fille grâce aux réseaux sociaux, en faisant des liens entre le contenu des différentes plateformes et en dénichant les incohérences.

Bien qu’il s’agisse d’un film hollywoodien, ce récit explore avec brio un phénomène qui a pris de l’ampleur au cours des derniers mois, notamment avec la disparition de Gabby Petito, une influenceuse américaine retrouvée sans vie le 19 septembre dernier à la suite d’un voyage avec son amoureux. Des internautes de partout à travers le monde ont tenté de résoudre l’affaire, avec des théories et des prétendues preuves à l’appui. À la mi-octobre, TikTok a signalé plus de 1,6 milliard de vues sur les publications contenant le tag #gabbypetito.

L’humain a toujours été friand de documentaires criminels
C’est ainsi que la Youtubeuse Victoria Charlton popularise des enquêtes criminelles souvent tombées dans l’oubli mais encourage également ses abonnés à être des citoyens responsables en les invitant à « Gardez l’œil ouvert » pour leur propre sécurité et celles des autres.

Et maintenant, grâce aux réseaux sociaux, il a dorénavant la possibilité de participer aux enquêtes. Mais quelle est l’intention véritable de l’internaute qui crée et qui partage du contenu en lien avec une enquête criminelle ?

D’un côté, ces personnes souhaitent aider les familles et les investigateurs à élucider des mystères sordides en mettant à contribution leur réseau et leur influence sur les différentes plateformes. Mais de l’autre, ces démarches ne sont-elles pas une façon détournée de produire du contenu et de s’autopromouvoir en s’appropriant une histoire à la base tragique ?

Que ces internautes en soient conscients ou non, un enjeu éthique fait surface.
Car bien que les motifs de ces détectives du dimanche soient questionnables, il n’en demeure pas moins que ces plateformes sont devenues au fil du temps un lieu privilégié par les enquêteurs pour signaler une disparition. Quel autre média aujourd’hui donne accès à des
millions de paires d’yeux et d’oreilles en tout temps ?

Enfin, si tous les petits détails de la vie même les plus insignifiants sont désormais dignes d’être partagés sur les réseaux sociaux, ne serait-il pas logique que les détails de la mort le soient tout autant ?

La question se pose.