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Technologie et vie privée: sommes-nous victimes ou complices?

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Les petits caractères

La notion de vie privée est encore relativement récente: nous apprenons encore à intégrer cette notion dans notre quotidien et tardons à l’appliquer à nos habitudes technologiques. On dit que l’idée d’un “ espace individuel ” serait née il y a deux siècles. Chose certaine, les attentats du 11 septembre aux états-unis ont déclenché une nouvelle ère de surveillance numérique et de collecte de données.

Et la définition même de ce qui constitue des “données personnelles” est bien souvent déterminée par les GAFAM de ce monde à qui nous accordons aveuglément certains droits par l’entremise du fameux End User License Agreement. Nous décidons de donner accès, mais on ne sait pas à quoi, réellement. Parce que, qui les lit vraiment?

Si on les lisait, on saurait par exemple qu’il est interdit d’utiliser Lumberyard, une technologie de Amazon Web Services (AWS) pour des “systèmes essentiels à la vie ou la sécurité” sauf dans le cas d’une “d’une infection généralisée transmise par morsures ou contact avec des fluides corporels qui causent des cadavres humains à se ranimer et chercher à consommer de la chaire humaine vivante…”. C’est vrai et c’est ici, section 42.10 

Exemple anecdotique certes, mais qui n’est pas unique, et qui ne fait que démontrer que nous acceptons souvent docilement les termes qu’on nous dicte. 

Pas qu’une histoire de grande corporations

Avec les téléphones intelligents, nous avons plus facilement que jamais accès à des outils de production et de diffusion de contenu. Bonjour la longue traîne.. Ces méthodes changent et évoluent, et nous voyons maintenant des technologies de plus en plus discrètes…et discutables.

Facebook a récemment annoncé, en collaboration avec Ray Ban, des lunettes avec capacités d’enregistrement vidéo, capture photo, etc. Contrairement aux très douteuses Google Glasses, la mouture FB+Ray Ban est beaucoup plus lifestyle, accessible et potentiellement problématique. Sans oublier bien sûr son alter ego chez Snapchat.

De la technologie vidéo, associée à une technologie furtive, produite par une marque de mode et promue par un réseau social global donne un produit avec un potentiel d’espionnage pour les masses. Il y a matière à se questionner.

Je n’ai rien à cacher

L’humain est parfois une drôle de bête. D’un côté, la question de la vie privée nous importe beaucoup. Vous lisez ceci. De l’autre, nous faisons preuve de complaisance ou d’indifférence. Combien de fois avez-vous eu une discussion à ce sujet où on vous a dit “de toute façon je n’ai rien à cacher”? Comme si la question de l’accès aux données personnelles ne s’appliquait qu’aux cachotiers, fourbes et criminels de ce monde. Parlez-en aux 143 millions d’américains qui ont vu leurs données privées sensibles être exposées, ironiquement, à de potentiels criminels dans le scandale Equifax. Ils n’avaient pourtant rien à cacher…

Si le Rien à cacher vous intéresse, lecture intéressante dans Forbes ici.
Essai très intéressant proposant de solides arguments ici.